Le mercredi 4 mars, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles accueillait une matinée de conférences consacrée à la question de l’apartheid fondé sur le sexe ou le genre, autour du thème : « Nommer, qualifier, combattre ».
Cette rencontre a réuni des spécialistes académiques, des chercheurs, des journalistes ainsi que des témoins venus partager leurs analyses et leurs expériences autour d’un enjeu qui mobilise de plus en plus la communauté internationale : la reconnaissance et la qualification juridique des formes systématiques de ségrégation, de discrimination et d’oppression subies par les femmes.
Un débat nécessaire face aux reculs des droits des femmes
Dans un contexte international marqué par des reculs préoccupants des droits des femmes dans plusieurs régions du monde, les échanges ont notamment porté sur les situations en Iran et en Afghanistan.
Les interventions ont rappelé que les droits des femmes sont le fruit de luttes constantes et qu’ils ne peuvent jamais être considérés comme définitivement acquis. L’exemple de l’Iran a été replacé dans une perspective historique, mettant en lumière les avancées et les reculs successifs des droits des femmes depuis le XXᵉ siècle.
Des témoignages particulièrement marquants ont également permis de comprendre la réalité vécue par les femmes afghanes depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021, avec une exclusion progressive de l’éducation, du travail et de l’espace public.
Nommer pour agir
Les analyses juridiques présentées lors de cette matinée ont souligné l’importance de définir et qualifier juridiquement la notion d’apartheid de genre. Cette qualification constitue en effet un levier essentiel pour permettre une reconnaissance internationale, engager la responsabilité des États et mobiliser les mécanismes de justice existants.
Au-delà des concepts juridiques, les intervenantes et intervenants ont rappelé que ces débats renvoient à des réalités humaines concrètes, marquées par la contrainte mais aussi par des formes de résistance et d’engagement.
Cette matinée de réflexion a ainsi permis d’ouvrir un débat essentiel et d’encourager la poursuite du travail politique, juridique et citoyen en faveur du respect universel des droits humains.